La psychologie

Prise en charge psychologique…

 

Description de l’approche psychologique

Le positionnement particulier du psychologue réside probablement dans son approche non directive, visant à laisser au patient libre cours au processus d’élaboration. Nous insistons donc, sur l’importance d’une grande souplesse dans la conduite des entretiens cliniques et sur le fait qu’une approche systématisée pourrait nous induire en erreur dans la prise en charge des patients. Le psychologue doit pouvoir identifier le fonctionnement intrapsychique du sujet, ses modes de défenses, ses angoisses et pour ce faire, le climat doit être propice à une mise en mots. Le psychologue doit ainsi garantir une écoute professionnelle tout en facilitant l’émergence des processus de pensée. En aucun cas un entretien directif ne peut contribuer à ce type d’élaboration. Ainsi, dans le souci premier d’améliorer la prise en charge du patient SLA, le rôle du psychologue est de contribuer à l’évaluation des troubles de l’humeur et du comportement. De plus, il peut d’une part, proposer un soutien psychologique au patient et à sa famille et d’autre part, être le médiateur entre les différents intervenants de l’équipe, sans omettre d’être à l’écoute du personnel soignant en menant des actions de formation et d’information.


L’évaluation et les outils

Au cours de l’entretien initial, diverses questions sont systématiquement posées au patient pour constituer son anamnèse, afin de mieux comprendre comment il perçoit et vit la maladie. Cette première rencontre est l’occasion d’évaluer l’équilibre psychologique du patient, mais aussi de son entourage, ainsi que de repérer d’éventuels troubles cognitifs et autres problèmes nécessitant l’intervention et l’orientation vers d’autres spécialistes : psychomotricien, ergothérapeute, orthophoniste, diététicien, assistante sociale. Ce cadre permettra de proposer un suivi au patient, où les mêmes paramètres seront régulièrement réévalués. Parmi les outils de référence utilisés, on note : les échelles de dépression qui évaluent de manière objective l’équilibre thymique du patient (échelles de BEC et d’Hamilton), les tests projectifs, lesquels répondent à une approche psychodynamique (TAT, Rorschach), les échelles d’évaluation globale du fonctionnement cognitif (MMSE, MDRS) et les tests cognitifs permettant d’objectiver d’éventuels troubles des fonctions supérieures, en réalisant une évaluation neuropsychologique fonction après fonction (fonctions instrumentales : langage, praxies, gnosies ; fonctionnement intellectuel et mnésique, fonctions exécutives : contrôle inhibiteur, planification, flexibilité mentale, attention-concentration). Quoiqu’il en soit, l’évaluation est toujours précédée d’un entretien semi-directif.

 

L’objectif de cette évaluation spécifique est :

De favoriser un accompagnement et un soutien psychologique, personnalisé, dans la durée,

De reconnaître la personne dans sa globalité et de maintenir ainsi, son équilibre psychique,

De repérer les aptitudes préservées parmi celles qui ont été altérées,

D’être particulièrement sensible aux capacités restantes, afin de mettre en place la meilleure des prises en charge possible.

Cette rencontre entre le psychologue, le patient et ses proches, doit pouvoir contribuer à l’adaptation au cas par cas d’une prise en charge globale. Quant aux indications psychomotrices, elles renvoient à une autre facette de l’accompagnement du patient et doivent pouvoir être proposées au même titre que toutes les autres thérapeutiques car elles peuvent être particulièrement efficaces auprès des patients douloureux, anxieux et dépressifs. Le psychomotricien propose une prise en charge davantage orientée sur le corps visant à permettre un réinvestissement corporel, un apaisement et une restauration de l’image du corps par le biais de massages de détente, relaxation.