La psychomotricité

La psychomotricité dans le suivi des patients atteints par la SLA

 

1/ Présentation

La psychomotricité. Définition : Elle est une profession paramédicale qui se situe entre la Kinésithérapie (de par sa spécificité corporelle) et la Psychologie (parce qu’elle aborde l’aspect psychique-mental, morale de la personne).

 

En pratique : nous intervenons au niveau du corps de la personne ou du patient et de sa représentation (c’est à dire du vécu, du mouvement).

La prise en charge du patient SLA concerne donc :

Les troubles du schéma-corporel (c’est à dire de la connaissance, de la conscience que nous avons de notre propre corps sur un plan anatomo-physiologique).

Les déficits moteurs : crampes, crispations, tensions, les douleurs.

L’investissement du corps (c’est à dire de son importance dans son quotidien, à travers son métier, ses activités sportives, ses loisirs).

Enfin le domaine psychologique : l’annonce d’une maladie grave perturbe, bouleverse l’équilibre psychique et moral ; psychomoteur de la personne. Le schéma-corporel s’en trouve modifié : (perception du corps) ce qui peut générer des troubles de  » l’image du corps  » (de son investissement) peurs, anxiétés, angoisses, dépressions.

La prise en charge du patient SLA est donc une approche globale, individualisée et personnalisée.

L’écoute, le contact, la communication et l’échange avec chaque patient est essentiel.

Il est important que puisse s’installer « une relation de confiance » … et nul ne connaît mieux ses besoins que le patient lui-même.

 

2/ Première consultation

  1. Entretien psychomoteur

Situation personnelle

Situation familiale

Situation professionnelle (arrêt de travail difficile)

  1. b) Données concernant la maladie

Début de la maladie

Premières manifestations

Evaluation de la fatigabilité, de la douleur et ses localisations

Etat respiratoire du patient (essoufflé, inquiétude)

Qualité du tonus musculaire (mobilisations passives)

Qualité des déplacements, des mouvements, s’il y a eu chutes ou pas.

Evaluer la communication verbale, écrite, non-verbale.

  1. c) Incidence de la maladie sur le patient lui-même, sur la famille, sur l’entourage.

Le vécu de la maladie et du handicap

Le regard des siens, des autres

L’adaptation aux changements et difficultés

La vie en famille et relationnelle

Projet

Le moral, la culpabilité, l’anxiété, les peurs

  1. d) Evaluation au plan physique.

Mobilisations passives, articulaires des membres supérieurs et inférieurs

Evaluer la capacité à se détendre et du seuil de douleur, de difficulté

Le rythme respiratoire : amplitude, rythme, mouvements respiratoires (une main sur le torse et l’autre sur le ventre)

  1. e) Observations.

La manière dont le corps est abordé ou parlé (plainte, clivage, mise à distance, honte, peurs, soins négligés, oubliés, dévalorisation).

  1. f) En fin d’entretien:

Il conviendra en accord avec le patient et l’équipe de soins :

D’expliquer les objectifs de la prise en charge

De proposer un travail orienté selon les besoins de chacun (relaxation, toucher thérapeutique, mobilisations passives, prise de conscience de ce qu’il est possible de faire en évitant les dangers (gestes, exercices à ne pas faire pour éviter l’aggravation de la maladie)

  1. g) Ce suivi peut se faire:

En consultation externe (cabinet)

Au domicile du patient,

En structure hospitalière.

Elle est avant tout un travail d’équipe pluridisciplinaire « soudée » (médecins, orthophonistes kinésithérapeutes, ergothérapeutes et infirmiers).

Les aides de vie ont un rôle très important.

 

3/ Contenu du travail proposé au patient atteint de Sclérose Latérale Amyotrophique

Il nécessite : l’écoute, la confiance, la patience. Ce travail du quotidien est progressif.

Il est important que les propositions soient claires, simples, adaptées aux attentes et besoins du patient et de sa famille …de se rendre accessible à tous, ceci ayant pour but de susciter des envies, d’élaborer des projets … d’accepter peu à peu, pour que se mette en place une « autre vie ».

  1. Détente psychomotrice:

C’est la façon dont nous abordons, dont nous rentrons en contact avec le patient et son entourage, dont nous posons notre regard, dont nous parlons avec lui.

Cette qualité relationnelle vocale ou verbale permettra peu à peu d’établir une « sécurité contenante, rassurante » … qui favorisera l’apaisement des émotions, des tensions physiques et psychiques et d’accepter (autant que cela puisse être possible) de continuer.

  1. Réinvestissement corporel.

« Corps blessé, corps douloureux « . Un travail corporel adapté sans surcroît d’effort ou de fatigue va permettre au patient de maintenir autant que possible, les fonctions existantes au quotidien (gestes, mouvements et aptitudes de la vie de tous les jours) pour conserver le plus longtemps possible indépendance et autonomie.

  1. Accompagnement psychologique.

Cette approche est propre à chacun. Elle demande une « écoute » bienveillante, adaptée à la personnalité de chacun.

C’est aussi favoriser tout au long de cet accompagnement la possibilité de découvrir des capacités, que chaque patient possède, des aptitudes nouvelles qui vont permettre au patient de s’adapter en toute sécurité, de trouver le courage d’avancer. Cet « espace relationnel » est capital pour chacun d’entre nous.

Il est des espaces et des moments où tout peut « se dire, se faire, se transmettre … » dans un lieu de sécurité, d’écoute et de respect.

 

4/ En pratique

Quels sont les « outils », les « moyens », dont nous disposons, dans la prise en charge du patient SLA.

Il n’existe aucune « recette miracle », cependant les moyens mis en place vont s’adapter au plus près aux attentes, aux besoins et au stade d’évolution de la maladie.

Ce sont :

  1. a) Les exercices de « mobilisations passives » pouvant être exécutés seul ou avec l’aide de quelqu’un.
  2. b) Le « toucher thérapeutique » qui fait appel aux sens, aux sensations, au vécu et au ressenti de chacun. Il apporte la détente, le relâchement des tensions, des crispations, un bien-être corporel … un « espace de rencontre, d’échange et de communication ».
  3. c) La relaxation:

J’utilise de préférence dans mon travail une approche de type : « eutonie, sophrologie, feldentrais », utilisable dans la vie de tous les jours, simple, et qui reste à visée globale, unifiante, concrète.

  1. Les techniques respiratoires simples:

Respiration abdominale

Il est important que le patient puisse rester « actif et acteur », qu’il se sente engagé et utile dans la prise en charge et la mise en place du projet thérapeutique.

 

Ce travail est avant tout celui de toute une équipe, pluridisciplinaire, en partenariat avec le patient et sa famille.

Le corps traduit nos émotions, nos joies, nos espérances, nos envies … mais aussi nos doutes, nos souffrances, nos douleurs.

C’est par son intermédiaire que nous pouvons rester, entrer en contact, intervenir, agir, mieux comprendre, communiquer.