Le chemin de la vie

LE CHEMIN DE LA VIE.

 

Le chemin que l’on prend dans la vie, est-il tout tracé ?

Ma maladie, a-t-elle changé mon chemin ?

Notre chemin est-il dû au hasard ou au destin ?
Je commencerai par la célèbre phrase de Malraux : « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie ».

 

C’est quoi la vie ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais si on me le demande et que je veuille l’expliquer, je ne le sais plus car il y a une multitude de réponses. Ce qui me vient en premier à l’esprit, est que la vie peut être un ensemble de phénomènes qui concourent à la croissance et à la conservation d’un être. On peut également considérer que la vie résulte de cet ensemble de phénomènes, à savoir le temps qui s’écoule entre la naissance et la mort.
Certains trainent leur vie, comme un boulet virtuel qui serait accroché à leur pied, c’est une survie qui consisterait à aller au boulot jour après jour, en revenir, manger, regarder la télé, puis se coucher, avec un malaise indéfini et flou qu’ils répriment constamment.

Est-ce donc ça la vie ? Un gouffre sans fonds qui consisterait à passer son temps à essayer de le remplir ? Il y a t-il autre chose ? Quelque chose qui lui donnerait un sens…

On naît, on vit, et puis on meurt. Et tout ça pour quoi, dans quel but ?

 

Un poète Persan, nous dit : « A quoi nous sert la vie sans la Source de vie ? Toi, si tu es un homme, ne vis pas sans ta vie ».

Pour moi la vie, c’est cette étincelle si brillante et si fragile à la fois, qui pourrait s’éteindre à tout moment. Cette vie que l’on préserve et chérit de tout son corps et de toute son âme. C’est la conscience de cette chance qui nous est donné d’exister et de pouvoir accomplir quelque chose. C’est le bonheur d’être ce grain de sable qui participe à la création de la plage.

C’est un défi à relever chaque jour, dans lequel il faut faire preuve de courage et de ténacité. C’est aussi une richesse, un bien précieux, une chance à qui sait la saisir.

 

« Rien ne vaut la vie », on ne vit qu’une seule fois, il n’y a pas de vie en brouillon. C’est pour cette raison qu’il faut tout faire pour mériter le bonheur d’exister, malgré les hauts et les bas. La vie est la vie avec ces moments heureux et difficiles, il faut la défendre, quelquefois l’affronter, et surtout l’aimer.

 

Pour moi, la source de vie aujourd’hui, consiste à essayer d’améliorer celle des autres malades, c’est une de mes principales raisons de vivre. Avoir un but, donne un sens à ma nouvelle vie en tant que malade. Je me lève heureux d’être encore en vie pour aider, partager, participer à ce don que mes parents m’ont donné : La Vie.

 

Quand je suis tombé malade, j’ai pris un chemin de montagne longeant un précipice. A tout moment, je pouvais glisser et me tuer. Ce chemin semé d’embûches, il a fallu que je l’affronte avec force et courage. Bien des fois, je voulais abandonner et me jeter dans le précipice, mais toujours un membre de ma famille, était sur le chemin pour me faire prendre conscience de l’importance d’être en vie. Notre vie nous a été donnée et notre devoir est de l’honorer.

J’ai fait le choix de m’engager sur un chemin, certes difficile, mais qui me permet de continuer ma lutte pour franchir les obstacles. Tout au long de ce cheminement, je fais des rencontres qui vont changer le cours de ma vie. Je travaille à la découverte de mon moi intérieur, pour arriver à la fin de ma vie dans la sérénité.
Pendant ce voyage, l’important n’est pas la destination, mais le chemin parcouru pour s’y rendre.

Imaginez que vous soyez sur le chemin de votre existence et que votre regard porte sur le but de votre vie. Vous avez cette destination en ligne de mire et toute votre attention est focalisée dessus. Dès que le chemin devient plus chaotique, que la pente devient plus raide, que des obstacles viennent entraver votre cheminement, il y a fort à parier que, tôt ou tard, vous allez buter contre une pierre et embrasser le sol.

Le chemin vers votre but tant désiré peut devenir un véritable calvaire rempli de frustrations, douleurs et découragement, vous allez dépenser une énergie phénoménale et finir par vous épuiser si vous avancez sans regarder autour de vous.

Tomber n’est pas très grave en soi, vous pouvez toujours vous relever.

Il faut savoir quand faire une pause pour reprendre son souffle et relever la tête. Se focaliser sur l’instant présent, apprécier ce qu’il y a autour de vous.

Prendre en compte les obstacles qui se présenteront devant vous pour mieux les négocier ou les anticiper

Il y a des choses qui me paraissent essentielles pour avancer sereinement sans être obnubilé par la destination, les objectifs, la vision, le but ultime.

 

Parfois, il y a des moments dans la vie où les pentes deviennent plus douces, le terrain plus praticable, le chemin moins encombré d’obstacles et s’élargissant suffisamment pour vous permettre de relever la tête et voir au loin.

Le fait de relever la tête vous permet de jeter un œil vers votre destination, votre but. C’est à ce moment que vous pouvez évaluer le chemin restant à parcourir et être fier de ce que vous êtes en train d’accomplir.

Avoir un objectif, un but, une vision, une destination, donne un cap à suivre dans le voyage sur le chemin de votre vie.

 

Les chemins empruntés au cours d’une randonnée sont très souvent balisés par des repères de couleur afin d’être assuré de se trouver sur la bonne voie.

Quelles peuvent être ces balises sur le chemin de la vie ?

Je pense que ces repères sont nos valeurs. Ces mêmes valeurs qui nous indiquent que nous pouvons continuer d’avancer même si le passage est délicat. Ces mêmes valeurs qui nous montrent le chemin à prendre si nous sommes face à un carrefour de notre vie. Ce sont elles aussi qui nous rassurent lorsque nous pensons être perdus et que soudain, au détour d’un virage, nous nous apercevons qu’elles sont toujours là.

S’il y a bien une chose sur laquelle vous pouvez compter pour vous repérer sur le chemin de votre vie, ce sont vos propres valeurs.

 

Imaginez qu’au cours de ce voyage, les lacets de vos chaussures se sont défaits. Quoi de plus naturel alors que de s’arrêter quelques instants pour les renouer ?

Cette image, nous fait prendre conscience qu’il arrive parfois que, sur le chemin de la vie, les relations qui vous lient aux autres se relâchent et finissent par se défaire. Prendre un instant pour faire le point sur ce lien qui vous réunissait vous permettra de mesurer si le renouement est important pour vous, ou pas.

De là, vous serez à même de renforcer les liens qui vous font avancer vers votre but et, dans le même temps, vous défaire de ceux qui ont plutôt tendance à vous freiner, voire vous faire tomber à force de vous prendre les pieds dedans.

 

Sur le chemin que j’ai emprunté, la vie associative m’a permis d’aller à l’encontre des autres, de partager leurs souffrances, mais aussi leurs espoirs, m’a enrichi, m’a aidé spirituellement, m’a encouragé à continuer ce parcours du combattant plus sereinement.

Je me rends compte des changements qui se sont opérés en moi au cours de ces dernières années. C’est une quête permanente qui me porte au dépassement de mes limites habituelles. C’est une façon de prendre ma vie en main, prenant le risque de chuter.
« Un exemple de cheminement est celui de saint Roch, guérisseur de la peste et des maladies de peau, né à Montpellier vers 1350. La légende rapporte qu’il partit en pèlerinage pour Rome; il fut, chemin faisant, confronté aux épidémies de peste. Guérissant les malades par le signe de la croix, il allait de ville en ville jusqu’au moment où, à son tour, il fut atteint par la maladie et chassé par ceux-là même qu’il avait guéris. Il dut faire grande réflexion sur ce qu’est la guérison véritable, non point celle du corps, mais celle de l’âme. Guéri de la maladie, guéri du désir de guérir les autres, il repartit pour Montpellier et, sur le chemin, fut arrêté comme espion. Il mourut après cinq années passées en prison. Sa cellule fut alors inondée de lumière et l’ange de Dieu le désigna comme guérisseur de la peste. Des lieux de saint Roch, chapelles, églises, statues, fontaines guérisseuses, existent depuis dans toute l’Europe, principalement dans les régions qui furent touchées par les épidémies. L’on peut retrouver et suivre les chemins de saint Roch où il parle encore au cœur du cheminant.»

Dans l’histoire des hommes, aucun parcours ne se fait seul. Il faut savoir compter sur les autres et faire confiance en leur capacité. La souffrance des malades ne doit pas être isolée. Savoir que quelqu’un est à notre écoute pour rompre l’isolement est essentiel.

 

Lorsque mon parcours dans la nuit a commencé, mon chemin fut encombré d’obstacles et mon esprit a connu la peur. Pour moi, le parcours du combattant allait commencer. Un combat nécessitant toutes les forces de mon esprit. Les difficultés furent nombreuses à appréhender. Mon combat fut d’abord contre moi-même. Je me devais de sortir de l’ombre afin de rejoindre la faible lueur qui se tenait devant moi.

 

Nos chemins de traverse nous conduisent vers les autres dans des actions d’entraide. C’est l’apprentissage de la fidélité, de l’amitié et de la solidarité. Ce sont toujours des moments intenses remplis d’émotions quand je partage mon expérience avec les autres.

La vie est ainsi faite, de joie et bien souvent de difficultés qu’il faut savoir surmonter. La rencontre associative possède cette force de compréhension, et cette sagesse dans l’écoute des autres.

 

Les croyants disent souvent « C’était écrit là-haut », pour eux, tout ce qui nous arrive a été prévu de longue date, rien n’est le fruit du hasard ou de la volonté de l’homme. En d’autres termes : l’homme subit son destin.

 

La question du destin est difficile et ambiguë car maîtrise-t-on vraiment son destin ? Il y a ceux qui pourront changer beaucoup de choses et se « réinventer » mais il y a beaucoup d’individus qui devront simplement ‘faire avec’.

Les contraintes ne décident pas pour nous, qu’elles soient matérielles ou génétiques, on est libre par soi-même. Il s’agit d’affirmer qu’au cœur de toute personne une certaine « raison morale » se réalise dans le fait de se prendre en charge. Le destin peut être dessiné grâce à une force volontaire et personnelle.

 

Pour certaines personnes, la raison peut être le moteur principal, mais pour d’autres ce seront les sentiments, les émotions, l’intuition, qui peuvent pousser à agir sans en posséder la maitrise On peut également être poussé par un choix, vers, par exemple, le fruit d’un désir. À partir du moment où le désir est là et qu’il est possible de le suivre, on choisit un chemin, et ce choix va entraîner des transformations. C’est en se prenant en main que l’on transforme sa vie.

 

Le destin, c’est aussi s’engager auprès des autres, engager tout son propre patrimoine, son sourire, son regard, sa chaleur humaine. C’est dans cet engagement, décider « d’y aller », dans cette prise de risque que l’on prend une part active dans nos choix de futur. Chacun peut défendre quelque chose et y arriver. La question qui se pose est celle de savoir si l’on veut prendre soi-même les choses en main, même si cela est parfois compliqué car le système est conçu pour faire croire que grandir c’est se conformer aux idéaux.

Choisir un chemin en se battant contre le système même paraît toujours aberrant et semé d’embûches. On incite les gens à s’engager, mais lorsque ceux-ci frappent aux portes, on fait tout pour les décourager On peut s’engager pleinement soi-même dans une voie que l’on n’a pas forcément tracé par soi-même, que d’autres ont tracé pour nous et réaliser pleinement son propre destin dans la mesure où on y injecte un engagement personnel et authentique.

 

C’est souvent le cas, nos parents tentent de sécuriser notre parcours, mais chacun devra suivre son propre chemin, pour certains tout tracé, pour d’autres à explorer comme une aventure qui peut être spirituelle, par conviction intérieure et personnelle.

Il y a l’optimiste et le pessimiste, l’un retrousse ses manches, l’autre les baisse. Ce sont les optimistes et les courageux qui donnent la possibilité d’intervenir dans le monde. Accomplir son destin implique nécessairement une part d’optimisme.
Le hasard joue-t-il un rôle ? Peut-t-on le considérer comme un concours de circonstance influençant notre destin ? Peut-être représente-t-il tout simplement un de ces outils apporté à notre propre construction ?
Pour reprendre la phrase « Rien n’est le fruit du hasard », voudrait donc sous-entendre que « tout serait le fruit du destin » ? A mon avis, cela n’est pas si simple. Même si le hasard bouscule l’ordre des choses, il ne régit pas notre vie, mais peut-on vraiment affirmer qu’il n’existe pas ?

Certaines rencontres, peuvent parfois être déterminantes, d’où l’expression « le hasard fait bien les choses ». Beaucoup de personnes me disent que c’est incroyable à quel point leur rencontre avec moi aura impacté leur vie, leur a donné du courage pour affronter leur futur.

Ces rencontres qui bouleversent votre vie, qui vous font avancer, sont-elles des rendez-vous du destin ou du hasard ? Nous sommes tous des pièces importantes dans la vie d’autres personnes, comme elles le sont pour nous.

 

Il y a de quoi être perplexe quand on se trouve pile au bon moment au bon endroit et que notre souhait se réalise à la perfection, bien au-delà de nos attentes. Le destin ordonne-t-il ces phénomènes ?

 

Notre mental joue une part importante dans nos interactions : le positif entraine le positif, notre état d’esprit est perçu chez les autres et influence les relations. Choisir un chemin ouvert aux autres et montrer une sérénité devant les obstacles restant à surmonter, est une preuve d’amour et de respect de la vie.
Paulo COELHO a écrit : « Les plus grands évènements de notre vie et grandes rencontres sont planifiées par les âmes, bien avant que les corps ne se rencontrent ».

Que ce soient des moments d’éveil ou de révélation suite à des rencontres ou des évènements, ou de grandes relations amoureuses qui nous font évoluer spirituellement, en prendre conscience a été une profonde délivrance pour moi.
Choisir son chemin, vivre intensément en suivant sa route, devenir acteur de son propre destin et faire ses choix, n’est-t-il pas plus valorisant que de penser que tout est dû au hasard ou à la chance ? Nous avons tous un potentiel à explorer, à partager, et à transmettre aux futures générations.

Cet héritage qui représente notre chemin parcouru et souvent inachevé, ils pourront alors choisir de le reprendre ou décider d’en suivre un autre, mais cela importe peu tant qu’ils avanceront……………

 

Laurent Rodriguez.