Le silence

Le Silence

Lorsque nous ouvrons un dictionnaire, nous constatons que le mot  » silence  » possède de nombreuses significations. Le premier est de ne pas parler, donc de se taire. Le silence est ainsi l’absence de parole, l’absence de mots ; Le fait de ne pas s’exprimer, de ne pas employer de langage articulé. Il y aurait alors un langage non verbal, sans communication de vive voix. Le silence aurait donc un sens plus profond.

Depuis plus de quinze ans la maladie m’a privé de la parole, m’a réduit au silence dans mon langage. Le travail que je vous présente, aborde plusieurs aspects du silence notamment les conséquences, les effets psychologiques liés à celui-ci, et ce que cela provoque en moi.

C’est un vaste sujet, je vais porter une réflexion sur la puissance du silence dans plusieurs domaines. Ceux qui connaissent mon parcours savent à quel point ce sujet peut m’interpeller. J’incorpore les pensées des autres à ma conscience.

 

Pour ma part, l’absence de parole à un sens de frustration, contrairement à la personne valide où se taire peut signifier beaucoup de choses. Comme par exemple, ne pas avoir envie de répondre à une discussion. Un dicton dit : « Le silence est le plus grand des mépris » ou encore « On répond au mépris par le silence ».

La personne qui est en face d’une autre personne qui ne communique pas se pose énormément de questions, que pense-t-il ? Ce silence possède-t-il des significations, des explications cachées, veut-il dire quelque chose ?

Celui qui se tait sait peut-être quelque chose d’important, alors, soit il n’est pas un bon orateur et il n’ose pas parler, soit il est tenu à une réserve, soit encore, il est muet !..

Dans la vie personnelle de chacun et chacune, le silence peut apparaître comme la réaction à un sentiment très fort qui empêche une personne de parler. Il est par exemple possible de se mettre tellement en colère qu’une articulation verbale devient impossible.

Je me rappelle de ces longs moments à ne rien dire lorsque je faisais des randonnées en montagne, les heures passaient sans pour autant adresser la parole à mes compagnons de marche. C’était le moment propice dans l’effort pour méditer, réfléchir sur moi-même, laisser mes pensées voguer dans la nature, me ressourcer.

 

Je parle de frustration car dans mon cas, ne pas communiquer représente une grosse peine dans mon intérieur.

J’ai une anecdote pas marrante qui m’est arrivé pendant l’été 2011. J’ai eu des calculs à la vésicule biliaire, le chirurgien n’a pas voulu me l’enlever par crainte que j’attrape des microbes qui circulent dans les hôpitaux qui pourraient m’être fatal. Dans une souffrance incommensurable, la première nuit, l’infirmier de service n’a rien entendu à ce que ma femme s’efforçait de lui faire comprendre : « Vous ne saurez pas ce qu’il dit, nous communiquons d’une façon spéciale, s’il vous plait, laissez-moi passer la nuit avec lui, je me ferais toute petite ». J’ai passé une nuit exécrable en réanimation, des points d’appuis s’ajoutaient à mon mal atroce. Sans pouvoir même gémir pour alerter, sans pouvoir émettre un son, sans pouvoir bouger aucun membre de mon corps, le silence de ma voix demeurait infernal.

Bien sûr, il venait de temps en temps me voir, il me regardait, il me disait : « ça va ? » et il repartait me laissant avec mes douleurs. C’est là qu’on se rend compte que le langage est un barrage pour beaucoup d’entre nous, quoi faire, quoi dire !!!

Quand je suis seul, devant une personne, un ami, un membre de ma famille, dans son regard, je ressens tout son désarroi de ne pas pouvoir échanger avec moi. C’est une détresse morale, on se regarde en chien de faïence, j’esquisse un sourire pour lui faire comprendre que je suis désolé. Ce silence est pesant pour l’un comme pour l’autre, mais inévitable…

De ce fait, j’ai instauré un langage non verbal pour m’exprimer avec un interlocuteur, c’est une méthode à apprendre avec le clignement de mes yeux. Mon silence n’existe plus, je suis très bavard à en épuiser mon interlocuteur car on ne se rend pas compte du nombre de mots qu’on débite dans une discussion.

Cette communication est une problématique pour soi et pour l’autre. Les personnes ne captent plus les détails des discussions, leurs subtilités, l’humour, ce qui fait l’authenticité de l’échange, sa spontanéité, n’existe plus.

Les proches peinent fréquemment à s’adapter à la situation, faute de patience, d’acceptation du handicap, d’empathie ou par méconnaissance des attitudes appropriées. Peu de personnes font des efforts pour communiquer, les difficultés de communication au quotidien peuvent dégrader les relations, au point où l’entourage finit parfois par s’éloigner.

Le cercle de mes interlocuteurs est restreint, ce qui me vaut de conserver mon silence trop souvent. L’un dans l’autre, mon silence n’a pas que de mauvaises conséquences : ne pas pouvoir dialoguer spontanément, m’oblige à écouter, à observer, à réfléchir pour ne pas intervenir inconsciemment afin d’éviter de dire des bêtises.

Une citation orientale confirme :  » La parole est comme la flèche, quand elle a quitté l’arc, elle ne revient pas à la corde !  »

 

Il y a de vieux adages qui disent : « Il faut tourner sept fois la langue dans sa bouche avant de s’exprimer » « On sème par la parole, on récolte dans le silence » « La parole perd parfois ce que le silence a gagné ».

 

Le silence permet de garder un secret. Ce silence est valable pour n’importe quel secret, comme par exemple : le secret médical ou professionnel. Cela permet de respecter la parole de l’autre et de ne pas la trahir, de ne jamais divulguer ses confidences secrètes.

 

Le silence permet d’écouter les autres, de leur prouver que l’on montre de l’attention à leur discours, et du respect à leur personne, en elle-même, par le silence et l’écoute. Un dicton Suisse dit : « La parole est d’argent, le silence est d’or »

 

Dans la vie de tous les jours, le silence a un sens. Il peut refléter les humeurs des personnes ; par exemple, l’embarras traduit par le silence lorsqu’une personne n’a pas compris quelque chose et se demande ce que cela veut dire, ou encore la peur lorsqu’il est question de parler devant un groupe de gens que l’on ne connaît pas.

 

Dans l’histoire, le silence a souvent joué un grand rôle, le Marquis de Sade dit : « C’est dans le silence des lois que naissent les grandes actions ».

Je vous cite un moment d’histoire de la deuxième guerre où la puissance du silence a joué un rôle primordial dans la réussite du gouvernement Anglais :

« Quand Chamberlain (membre du Parti conservateur et Premier ministre du Royaume-Uni de mai 1937 à mai 1940), a compris qu’il n’était pas le premier ministre capable d’être le chef de l’Angleterre en guerre, il a choisi lui-même son successeur, comme c’était alors la tradition au sein du parti conservateur anglais. Il a désigné Lors Halifax. Il a convoqué également Churchill car il souhaitait qu’il fasse partie du cabinet et il lui a dit : Halifax est le meilleur, mais nous avons besoin de vous. Acceptez-vous d’être le numéro 2 ?

Churchill, par patriotisme, par devoir, par cette authentique grandeur qu’est l’abnégation devant l’intérêt supérieur a répondu « Oui ».

Quelques heures après, un homme qui avait un peu de génie, Lord Braverbrook, le Tycoon de la presse anglaise, demande à Churchill de le recevoir d’urgence et lui dit : « il paraît que vous avez accepté qu’Halifax soit Premier Ministre ? Ce n’est pas possible ! » « c’est un crime contre la nation. Il n’y a que vous qui puissiez mobiliser la Grande Bretagne ».

Braverbrook a convaincu Churchill et dit : « Je vous demande une seule chose. Quand vous serez convoqué par Chamberlain avec Halifax et qu’il vous demandera de confirmer votre acceptation, restez silencieux 3 minutes. Trois vraies minutes. Cent quatre-vingt secondes. Avant de dire « oui ». Au nom de l’Angleterre je vous le demande ! ».

Le lendemain, Churchill et Halifax sont dans le bureau de Chamberlain et il dit à Churchill : « Voulez-vous je vous prie confirmer à Lord Halifax que vous acceptez d’entrer dans son cabinet ?… » Et Churchill se tait. Une minute, il se tait. Une minute et demie, il se tait.

Avant que les trois minutes se soient écoulées, Lord Halifax dit : « Je crois que c’est Winston Churchill qui doit être premier ministre ». »

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces trois minutes ont changé le cours de l’histoire de la deuxième guerre.

 

Dans un tout autre domaine, la mer renferme le monde du silence où les animaux marins et la nature cohabitent dans un silence religieux en dépit des fortes tempêtes où la mer se déchaîne. Toute cette population communique, certainement à leur façon avec leurs propres règles. Dans leur langage non verbal, les plus forts dominent et les plus faibles rusent pour sauver leur vie. A l’évidence, ils ne sont pas si éloignés de notre fonctionnement.

Assis dans votre salon, vous pouvez passer des heures à contempler l’aquarium où les poissons vont et viennent en silence. C’est un moment d’apaisement, de méditation où l’esprit vagabonde pour apporter un bien être.

 

Sans les silences la musique n’aurait pas d’harmonie, n’existerait pas en tant que telle. Elle ne serait qu’une succession de sons, à travers lesquels la notion de plaisir disparaîtrait. Grâce à ces silences plus ou moins longs, on peut profiter de cet innombrable panel de mélodies parmi lesquelles chacun d’entre nous y trouve son bonheur.

 

La « minute de silence », minute par laquelle on rend hommage aux morts, en demeurant debout, immobile et silencieux. Ce silence rend hommage au défunt. Il permet de se remémorer, de se souvenir de la personne dans un silence méditatif et habillé de sens.

 

Au lycée, le silence est demandé en classe et permet ainsi le travail des élèves dans le calme, dans la concentration et le respect envers les autres camarades et professeur. En effet, sans le silence, se concentrer et bien travailler deviennent chose difficile. Il est de même dans les salles d’attente, les cinémas, les théâtres, et autres lieux publics où le silence est avant tout le respect des autres afin de ne pas les déranger.
Je me suis intéressé de près à l’association APIDA, association des malentendants. Ils utilisent un langage non verbal, silencieux qui est le langage des signes. J’ai participé à plusieurs manifestations avec eux, j’ai été impressionné par cette communication. Dans le bruit de la puissante sonorisation nécessaire aux malentendants, où on avait du mal à se comprendre face à face, les personnes sourdes profondes dialoguaient tout en gestuelles d’un bout à l’autre de la table dans leur langage des signes. Dans cet autre monde où le silence fait partie de leur mode d’expression, de leur vie, il est évident qu’il existe un langage non verbal fait de gestuelles visant à s’exprimer, peu importe la distance et les bruits extérieurs. Tout comme moi, ce silence nous éloigne de la majorité des personnes ne connaissant pas ce mode de communication, qui demande un apprentissage et une démarche personnelle pour celui qui veut faire l’effort d’essayer de s’entretenir avec nous.

« Les personnes devenues sourdes ou malentendantes au cours de leur vie expriment leurs préoccupations autour de la fatigue et les souffrances psychologiques occasionnées au quotidien par les difficultés de communication, auxquelles s’ajoutent des formes de stigmatisation venant dégrader l’image de soi. L’isolement qui en découle est renforcé par le manque d’accessibilité de l’environnement, conduisant à des situations discriminatoires et à une moindre participation sociale. Ces difficultés se trouvent souvent cristallisées dans les situations de travail et dans les relations avec les professionnels de santé. »

 

Ces différents exemples nous permettent de constater que le silence a du sens, et même plusieurs, et qu’il touche à de nombreux domaines.

 

Dans le Silence l’homme va oublier ce qui est autour de lui. Le Silence servira ainsi à favoriser sa méditation intérieure.

Le sage grec Pittacos dit que : « celui qui ne sait se taire, ne sait pas parler ».

Parler sans maîtriser son langage, sans maîtriser les conséquences de nos paroles, peut s’avérer très dangereux pour nous-même et pour nos engagements politiques ou autres. User de sa voix n’est pas le seul moyen de s’exprimer. Lorsque nous sommes silencieux, que nous nous taisons, nous ne le sommes que très rarement dans notre propre intérieur. Nous avons la faculté de penser, réfléchir, concevoir des idées et juger. Lorsque nous sommes silencieux, c’est que nous pensons, nous « cogitons ». Maeterlinck dit : « Dès que nous avons vraiment quelque chose à nous dire, nous sommes obligés de nous taire». Pourtant le savoir se transmet très souvent par la parole.

 

Euripide a dit: « Parle si tu as des mots plus forts que le silence, ou garde le silence. ». Il est très souvent compliqué d’exprimer les choses comme on les ressent en soi dans notre langage quotidien, faute de ne pas trouver les bons mots, pourtant ils sont la base de nos pensées.

Il est impossible de cesser de penser car nous pensons toujours à quelque chose, consciemment ou inconsciemment. Par exemple, quand quelqu’un nous parle, nous avons l’impression de ne faire que l’écouter, et de ne pas penser. Or, dans notre tête, nous nous répétons ses mots, bruits sonores à décoder, pour les comprendre, et de plus, nous avons la capacité de penser à autre chose au moment où il nous parle. Celui qui se tait s’adresse alors à lui-même un discours intérieur, nous nous parlons à nous-même.

Garder ses pensées pour soi sans les exprimer peut se montrer dangereux car cela témoigne d’un enfermement contre le monde extérieur. Par exemple, dans le domaine médical, lorsqu’une personne est atteinte d’une grave maladie qu’elle ignore encore, c’est au rôle du médecin de le lui annoncer, de lui dire les choses comme elles se présentent, d’expliquer le plus précisément les faits. Ainsi, la personne prend connaissance de sa maladie et l’on constate que celle-ci s’enferme très vite dans un silence ténébreux. Ce silence est normal et a un sens. C’est le temps lui permettant de prendre conscience de sa maladie, de réfléchir, de comprendre silencieusement, dans sa tête, avec ses propres mots. Le médecin doit respecter ce silence mais celui-ci ne doit pas s’éterniser. Au bout d’un certain temps, il faut ramener la personne à la réalité, il faut qu’elle s’exprime, parle, sinon cela témoigne d’un trouble. Celui d’un choc très douloureux capable de l’enfermer, de la couper du monde, de l’emprisonner dans ses « pensées ». Le silence est donc le langage de la pensée, mais doit aussi se transformer progressivement en langage verbal sinon celui-ci n’a plus de sens.

 

Il m’arrive souvent de me parler à moi-même, de dialoguer avec mon intérieur, d’avoir un bruit infernal dans ma tête quand je lis grâce à mon ordinateur, quand je pense, quand je réfléchis. Les témoins à mes côtés, n’imaginent pas ce bruit incessant dû à l’interprétation des mots, des phrases, des idées, mais également à cause des contrariétés, des conversations avec mon intérieur. Comme le disait Platon, nos pensées sont donc notre langage intérieur.

La « petite voix » désigne tout monologue intérieur : pas simplement la voie qui nous encourage dans les épreuves, mais aussi cette parole silencieuse que l’on se surprend à entendre quand on réfléchit, où quand on poursuit en solitaire une discussion commencée plus tôt avec un ami ou un collègue. On se surprend en train de « parler tout bas », à remuer les lèvres et même à murmurer.

Notre éducation nous apprend à raisonner, à analyser, et à définir ce qui est vrai ou faux, bien ou mal, beau ou laid… Plus on avance dans l’âge, plus on a tendance à cesser d’entendre la « petite voix ». Sans même s’en rendre compte, on prend l’habitude de réagir en fonction de nos croyances, nos préjugés, nos opinions. On perd le contact avec nos impressions, nos pensées mais avec le temps, quand on commence à éveiller son intuition par un travail d’introspection, on se rend compte que le chemin est long et difficile avant de parvenir à traverser les aléas de l’existence en restant à l’écoute en permanence de la *petite voix *.

Il n’est pas facile de la suivre et de l’écouter. L’intuition prend bien souvent le contre-pied de nos propres pensées. C’est pour cela que quand bien même on ressent intérieurement l’écho de certaines vérités, si elles nous remettent en cause personnellement, on a le réflexe de les éluder, et le plus souvent, de les rejeter.

Suivre la voix intérieure est dérangeant, car cela remet en question toutes nos habitudes, nos attitudes et notre comportement. C’est bouleversant, car cela demande une souplesse et une humilité à laquelle on est rarement disposés.

C’est dans le silence de nos pensées que nous pouvons entendre la mélodie de la petite voix et un jour laisser s’élever la musique qui est à l’intérieur de nous et qui ne sera jamais jouée si nous n’apprenons pas à écouter et suivre ce qu’elle nous dit.

Aujourd’hui, mes oreilles intérieures sont grandes ouvertes, et cette petite voix me cause beaucoup, souvent, tous les jours. Dans les moments sombres, je l’entends moins, le vacarme de ma culpabilité ou de ma colère la couvre. Très récemment encore, j’ai traversé quelques jours difficiles, je rageais de ne plus entendre ma petite voix alors que j’en avais particulièrement besoin.

Qui ne s’est pas surpris à s’entendre dire en silence : « Calme-toi », « Allez, du courage ! », « Non, ne fais pas ça »… Cette petite voix intérieure, nous la connaissons tous. Elle intervient souvent dans les moments stratégiques où l’on doit absolument se contrôler pour affronter une situation délicate, et maîtriser ses propres pulsions.

Depuis ma tendre enfance, cette « petite voix » que j’entends au fond de moi est bien la mienne, même depuis que la maladie m’a privé de celle-ci oralement.

A nous d’avoir la sagesse de méditer car méditer c’est trouver le sens du silence, la simplicité de l’instant, son âme intérieure dans la confiance et la joie.

 

Parlons de la hantise du silence. Eh bien ! Regardons : il suffit pour la constater et se persuader définitivement que nous en sommes tous victimes, de s’essayer, ne serait-ce qu’un bref instant – disons une minute – à taire toutes les pensées qui nous viennent à l’esprit, ceci de manière à instaurer ce silence intérieur véritable sans lequel il n’y a pas de vraie méditation. Essayer et vous verrez. Vous constaterez que vous êtes habités par une telle peur du silence que votre âme s’ingénie par tous les moyens à le rompre. Et la tâche s’avérera bien vite si difficile qu’elle vous semblera impossible. Mais, heureusement, le silence est bon maître et à celui qui l’aime jusqu’à accepter patiemment de le chercher sans l’obtenir, il ne se fait pas faute d’enseigner tôt ou tard quelque manière permettant d’y mieux parvenir. Mais considérons plus précisément sa logique, ici encore à la faveur d’observations si immédiates, et au reste, si banales, que chacun j’en suis sûr les a déjà faites.

 

Laurent RO­DRI­GUEZ
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