Troubles de la déglutition

Dans les maladies du motoneurone, la commande nerveuse d’une partie des muscles de la déglutition peut être déficiente, si bien que le déroulement habituel de la déglutition est perturbé. Il peut exister une salivation excessive car la salive n’est pas souvent avalée, et une tendance à baver. D’autre part, les patients peuvent ressentir un blocage des aliments au fond de la gorge. Une toux peut apparaître lorsque l’on boit; elle traduit une fausse-route, c’est-à-dire un passage de la boisson dans les voies respiratoire. Lorsque des problèmes de déglutition apparaissent, on a tendance à s’alimenter moins, ce qui affaiblit encore plus l’organisme.

 

Que faire pour faciliter la déglutition ?

Prenez vos repas dans une ambiance détendue et conviviale.

Mangez lentement et concentrez-vous sur votre repas en évitant des distractions (télévision, radio). Prenez votre repas par petites bouchées, et mâchez bien les aliments.

Manger et parler sont 2 fonctions que l’on ne peut pas accomplir en même temps. Evitez de parler la bouche pleine si vous ne voulez pas avaler de travers votre dernière bouchée d’alimentation, car on doit respirer avant de parler.

N’empêchez pas les accès de toux quand ils se manifestent

Si vous avez un accès de toux pendant le repas, pensez toujours à avaler complètement les aliments avant de reprendre votre respiration.

Choses à faire et ne pas faire :

 

Position de la tête :

A faire : Garder la tête droite ou légèrement penchée en avant surtout pour les liquides. Un coussin ou un collier souple peuvent être installés pour soutenir la tête.

A ne pas faire : Eviter de pencher la tête en arrière même momentanément lorsque vous avalez. Cette attitude risque d’ouvrir le passage des voies aériennes et donc de favoriser une fausse-route.

 

Position du tronc :

A faire : Garder le haut du corps le plus droit possible en particulier lors de l’absorption de liquides.

A ne pas faire : Eviter de boire allongé ou semi-allongé.

 

Déroulement du repas :

A faire : Ne prendre qu’une bouchée à la fois. En effet, le gavage peut entraîner une fausse route. Lorsque la déglutition devient pénible, il est important de faire du repas le moment le plus plaisant possible.

A ne pas faire : Eviter de répondre la bouche pleine pour ne pas risquer d’inhaler votre dernière bouchée dans les poumons car, on doit respirer avant de parler. Eviter des distractions. Si manger devient difficile, penser à chaque bouchée et souvenez-vous des conseils de votre orthophoniste.

 

Lèvres et bouche :

A faire : Prenez conscience de la position de vos lèvres et du contrôle que vous avez de votre bouche. Garder votre bouche bien fermée après avoir pris une bouchée ou une gorgée. Une crème labiale (en particulier parfumé) peut vous aider à mieux contrôler cette position.

 

Position des mâchoires :

A faire : Garder mes mâchoires fermées autant que possible. Après chaque bouchée ou gorgée, fermer les lèvres et les dents avant de mastiquer et déglutir.

 

Hypersalivation :

A faire : avaler souvent. Si avaler devient un gros problème, discuter les différents moyens avec votre médecin (médicaments ou petit appareil d’aspiration). Il déterminera ce qui est le mieux pour vous. Une surveillance étroite de votre diététicienne peut être utile. Les produits laitiers peuvent chez certaines personnes épaissir la salive. Essayer de fermer la bouche et garder un mouchoir à portée de main. Les douceurs font plus saliver, alors que les agrumes semblent avoir l’effet contraire.

A ne pas faire : Quand vous ne mangez ou ne buvez pas, le fait de garder votre bouche ouverte ou de laisser tomber votre tête en avant augmente les problèmes de salivation.

 

Position de la langue :

A faire : Si un côté est mieux que l’autre, placer l’aliment au milieu du bon côté et mastiquer du même côté. Si les aliments adhèrent sur la partie supérieure de votre prothèse, consulter votre dentiste qui déterminera ce qui peut être fait pour éviter ce problème. S’il devient difficile de mouvoir les aliments dans votre bouche, il se peut qu’une modification de leur texture soit bénéfique. Faites-vous conseiller par une diététicienne pour un repas mixé. Si les boissons à température ambiante sont mal tolérées, essayez les plus chaudes, mais surtout plus froides.

A ne pas faire : Eviter de placer les aliments sur le bord de la langue, si elle bouge difficilement. Poser la nourriture au milieu ou vers le fond de la bouche. Vous devez peut-être éviter d’ingérer du très chaud ou du très froid.

 

Position de la gorge :

A faire : Si vous vous étranglez facilement, placez l’aliment à l’arrière de la langue dans un mouvement lent et ferme. C’est vous qui sentez si vous devez placer la nourriture plus en avant afin d’éviter un réflexe de nausée. Lorsque la prise de comprimés est difficile avec des liquides, essayer avec de la purée, ou de la compote. Si les liquides trop fluides deviennent un problème, changez pour des liquides plus épais. Pour plus d’information, en parler avec votre diététicienne. Si vous avez des difficultés à déglutir, votre orthophoniste vous enseignera les techniques pour apprendre à initialiser une déglutition.

A ne pas faire : Ne pas précipiter les aliments à l’arrière de la langue, sans passer la cuillère de l’avant à l’arrière de la langue en appuyant très doucement. Ne pas négliger les fausses-routes périodiques et intermittentes que vous avez avec les liquides. Contacter votre médecin et votre orthophoniste.

 

Comment s’installer à table ?

Soyez convenablement installé à table : la partie supérieure du tronc bien droite, la tête droite ou légèrement penché en avant. Des coussins peuvent être installés pour soutenir la tête.

Evitez de pencher la tête en arrière, même momentanément lorsque vous avalez. Cette attitude favorise la fausse-route.

Pensez à rester encore assis un bon moment, une fois le repas terminé.

Evitez de manger ou de boire allongé ou semi-allongé.

Lors de la mastication, si un côté fonctionne mieux que l’autre, placez l’aliment du bon côté et mastiquez de ce côté.

S’il devient difficile de faire bouger les aliments à l’intérieur de votre bouche, une modification de leur texture sera bénéfique (alimentation mixée).

Si les boissons à température ambiante sont mal tolérées, essayez-les plus froides.

Lorsque la prise des médicaments est difficile, écrasez les comprimés. Essayez de prendre votre traitement avec un yaourt ou de la compote, plutôt qu’avec des liquides.

Quand vous ne mangez pas ou ne buvez pas, le fait de garder la bouche ouverte ou de pencher votre tête en avant augmente la salivation.

Evitez les aliments trop sucrés ou trop acides qui stimulent la production de salive.

 

Comment adapter son alimentation ?

Une alimentation doit être équilibrée et variée. Pour cela, il faut consommer un aliment de chaque groupe à chacun des repas :

Groupe 1 : Viandes, poissons, œufs, apportant les protéines, le fer.

Groupe 2 : Lait et produits laitiers, apportant les protéines, le calcium.

Groupe 3 : Légumes, fruits, riches en glucides, en fibres, en vitamines et sels minéraux.

Groupe 4 : Pains, féculents, céréales, sources de protéines et glucides.

Groupe 5 : Beurre, huile, margarine, crème, source de lipides, vitamines.

Variez les menus selon vos goûts et les aliments disponibles de la saison.

Multipliez les collations ou les petits repas, par exemple avec des produits laitiers, un fruit (banane), ou encore des compléments alimentaires disponibles en pharmacie.

D’une manière générale, évitez les aliments peu caloriques qui vous donneront une sensation de satiété mais n’apporteront pas les calories nécessaires.

Lorsque l’alimentation devient difficile, il est nécessaire que les aliments soient déjà d’une consistance compatible avec la déglutition. Par exemple : poisson poché, omelette, soufflés, banane mûres …

Tous les aliments consommés habituellement peuvent être transformés suivant les nécessités du moment. La consistance des aliments trop secs ou trop durs pourra être modifiée avec un simple moulin à légumes ou avec un mixer. De même, il sera préférable pour certains aliments (poissons, légumes), de préférer le mode de cuisson à la vapeur ou à l’eau, plutôt qu’en friture ou en rissolage.

Pour obtenir une consistance adaptée, il est possible d’utiliser des liants tels que :

Les liants à base d’amidon de farine, de fécule de pomme de terre, de maïs (maïzena), de tapioca (tapiocaline).

Les gélifiants, tels que la gélatine alimentaire du commerce

Les œufs : les jaunes d’œufs permettent d’épaissir les liquides, les soupes, les crèmes-dessert.

Les sauces, notamment à base de corps gras (huile, crème, beurre) qui permettent de réaliser des préparations plus ou moins épaisses.

Certains aliments trop fibreux, ou ceux contenant des graines, doivent être évités. Par exemple : fruits et légumes crus, noix, noisettes, cacahuètes, crackers, pains aux céréales….

 

Les liquides :

Les liquides purs, tels que l’eau, le café, le thé, ou les sodas peuvent être difficiles à contrôler et donner des fausses-routes. Les liquides de consistance épaisse comme les nectars de fruits, les produits lactés, seront plus facilement avalés. Les jus de fruit ou l’eau peuvent être mélangés avec des sorbets.

Des poudres épaississantes sont disponibles dans le commerce; elles permettent d’augmenter la consistance des liquides (jus de fruits, soupes…). Elles sont faites à partir de gélatine et de céréales. Les boissons lactées (milk-shake) ont l’avantage d’être plus facilement avalées, et constituent un bon apport calorique. L’eau sera mieux absorbée si elle a la consistance d’un gel.

Recette pour eau gélifiée : (pour 1 litre d’eau) : Ramollir dans un bol d’eau froide 8 feuille de gélatine ; faire frémir 1 litre d’eau moins le contenu du bol ; verser le mélange gélatine, eau du bol dans l’eau chaude ; parfumer avec un sirop au choix ; répartir dans des godets ou des petits récipients ; conserver au frais.

 

Régime lisse, mixé :

Si les aliments solides sont trop difficiles à avaler, il vous est peut-être nécessaire de passer à une alimentation « lisse ». Ce régime est constitué par le lait et les produits laitiers. Si le lait est mal supporté, utilisez une crème de céréales pour mixer les aliments solides…

 

Les compléments alimentaires :

Ces produits peuvent être utilisés pour compléter l’alimentation habituelle. Ils se présentent sous forme de liquides épais ou de crèmes, et de différents arômes, sucrés ou salé. L’intérêt est qu’ils constituent un apport calorique avec une répartition énergétique équilibrée (protides, lipides, glucides). Ils sont disponibles dans les pharmacies de ville.

 

Le couvert :

Certaines fonctions motrices peuvent être diminuées et entraîner des difficultés au moment de la prise des repas. Certains « petits trucs » peuvent pallier ces déficits : par exemple, les assiettes avec un bord assez relevé permettent de bloquer les aliments et de les faire passer sur le couvert plus facilement. Si la faiblesse musculaire empêche de porter le verre à la bouche, il faut boire avec une paille ou une pipette dans un verre placé à portée de la bouche.

 

Que faire en urgence en cas de fausse route ?

Il peut arriver que malgré toutes les précautions prises au moment du repas, certains aliments pénètrent dans les voies respiratoires. Votre entourage peut alors vous aider à rétablir votre respiration.

Quand la fausse-route est peu importante, les efforts de toux parviennent à éliminer les fragments alimentaires. Si la fausse-route entraîne un blocage complet de la respiration, il faut pratiquer immédiatement une manœuvre pour expulser l’aliment coincé dans les voies respiratoires :

Lorsque le malade est debout, la personne qui l’aide se place debout derrière lui. Elle entoure de ses bras le malade en plaçant ses poings sur l’estomac du malade. Puis elle appuie énergiquement sur l’estomac pour provoquer un mouvement respiratoire qui permettra de libérer le malade.

Si un médecin est appelé en urgence, pensez à lui demander de contacter le neurologue qui est au courant de votre maladie, pour qu’il en discute avec lui.